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Artistes des pays arabes : contextes de création et circulation des oeuvres

Lors de cette édition, Passages a le plaisir d’accueillir de nombreux artistes arabes venus d’Égypte, du Liban, de Palestine, de Syrie, du Maroc et d’Algérie, ou issus de la diaspora. L’occasion pour nos équipes d’interroger le dialogue artistique qui nous lie, mais aussi les perceptions que nous avons les uns des autres. Quelles formes dramatiques et scéniques défendent-ils et elles ? Comment créer dans un contexte de production soumis à des contraintes multiples? Comment penser la circulation des oeuvres vers l’Europe, ses institutions et ses publics ? Nous explorerons ces questions ensemble, à partir des expériences des artistes, dans ce qu’elles ont de commun et de spécifiques.

Animée par Pauline Donizeau, Maîtresse de conférences en études théâtrales à l’Université Lumière Lyon 2

Artistes et producteurices invité.es :
– Nada et Adel Abdelwahab du Hewar Theater – Alexandrie,
– Nanda Mohammad (spect. Gathering Memories…),
– Ali Chahrour (spect. When I saw the sea),
– Marah Haj Hussein (spect. Language : no broblem)
– Mohammed Al Qudwa (spect. 3 Saisons et 1 corps) – sous réserve



Une Nuit Blanche

Une Nuit Blanche est un acte de résistance face au régime totalitaire russe. Une rave scénique, hybride et puissante, où la nuit festive devient un espace de lutte collective et de survie. 

Avec Une Nuit Blanche, les artistes Elina Kulikova et Dima Efremov clôturent leur Trilogie de la guerre, dont le premier volet, Un champ brûlé, était présenté au Transfestival en 2025. Sur scène, tout semble d’abord annoncer une fête : un DJ set, la musique bat et la danse s’installe. Mais cette rave théâtrale porte un récit de résistance. Dima Efremov, artiste et activiste queer originaire d’un village russe homophobe, raconte son engagement dans la défense des droits de l’Homme après l’invasion de l’Ukraine. Entre musique, humour et témoignage, il évoque la création de son organisation d’aide aux prisonniers politiques et les stratégies pour déjouer la surveillance du FSB. À travers son histoire et celles des luttes partisanes, Une Nuit Blanche révèle ce que l’on entend peu en Europe : les résistances russes à la guerre en Ukraine. Une fête fragile où danser devient un acte politique.


Les châteaux de mes tantes

Des voix de femmes maghrébines, des récits suspendus, un jukebox de mémoire et de partage qui fait danser les souvenirs. Yasmine Yahiatène nous livre avec cette installation des moments suspendus à écouter et à ressentir.

Les châteaux de mes tantes est une installation interactive née des récits de femmes issues de l’immigration tunisienne, algérienne et marocaine. Danse, rires, larmes et discussions ont façonné ce projet collectif. Au centre, un jukebox maghrébin, conçu par les participantes et réalisé par Samy Barras, invite à écouter ces voix dans un salon chaleureux, avec coussins, thé et images filmées par Pauline Vanden Neste. Installation évolutive, elle accumule les mémoires, mêlant ludique et poétique, et ouvre une réflexion sur la prochaine création de Yasmine Yahiatène Les châteaux de ma mère à découvrir prochainement.


Dans le cadre du projet GRACE, cofinancé par l’UE via le programme Interreg Grande Région 2021/2027.


Yalla Miku + Ammar 808 + Tune Zitoune

Une nuit brûlante où traditions du nord de l’Afrique et musiques électroniques s’embrasent. Entre transe gnawa réinventée et beats puissants venus de Tunis, cette soirée promet un voyage vibrant, libre et intensément dansant.

Yalla Miku propose un dialogue vibrant entre gnawa marocain, mélodies de guembri et de krar, grooves krautrock et pulsations électroniques. AMMAR 808, alias Sofyann Ben Youssef, développe une musique puissante et hybride où les traditions populaires dialoguent avec l’électronique contemporaine. Tune Zitoune, prince de la zitounade et de la tajine wave, le Fenschois s’est imposé comme un incontournable de la scène musicale mosellane et le digne héritier du parrain des shlags Noir Boy George.



Dzudza

Le chorégraphe mozambicain Idio Chichava revient à Metz avec sa dernière création Dzudza. Une plongée intense dans l’énergie urbaine de Maputo, où le corps devient mémoire, lutte et célébration.

Après le succès de Vagabundus, cette pièce énergisante avec 12 interprètes présentée au Transfestival 2024 et en 2025 la première de son spectacle Vejo Anjos… qui interrogeait la masculinité, le chorégraphe prolonge sa réflexion sur le « Corps Global ». Dzudza entrelace passé et présent, tradition et modernité, et interroge les liens entre l’individuel et le collectif, le local et le global. Inspiré par le quartier très animé de la capitale du Mozambique, Xiquelene, son microcosme urbain vibrant d’énergie, ses marchés informels, ses danses et ses chants, Dzudza, c’est un espace de liberté dans lequel résonne les luttes sociales mozambicaines, mêlant rituels traditionnels et influences contemporaines.


Mavky/Camouflage

Avec cette série, l’artiste ukrainienne Alena Grom met à l’honneur les femmes de son pays, de tout âge, milieu et profession, qui par le fil et l’aiguille, tissent la résistance et incarnent la puissance, la solidarité et l’espoir de tout un pays.

À Horenka, village ukrainien frappé par la guerre en 2022, des femmes ordinaires deviennent des héroïnes : les «Mavky». Sous les bombardements, dans le froid et à la lueur des bougies, elles tissent des filets de camouflage pour protéger les soldats et sauver des vies. Inspirées par la mythologie ukrainienne et la figure ambivalente de la mavka, symbole de féminité résistante et d’amour sacrificiel, elles transforment leur douleur en force et soutiennent la communauté. Entre mémoire et engagement, le projet d’Alena Grom célèbre ces héroïnes du quotidien à la fois vulnérables et protectrices, dont la force puise dans la nature elle-même. Ces femmes défendent leur terre, leur peuple et l’avenir de l’Ukraine. Le camouflage devient acte de résistance et symbole d’espoir.



Meryem Aboulouafa / Abdullah Miniawy

Deux concerts, deux univers : Meryem Aboulouafa et Abdullah Miniawy vous proposent un voyage musical tout en poésie à travers les sons et chants du Maghreb au Moyen-Orient.

Meryem Aboulouafa crée des chansons singulières, mêlant sonorités marocaines, rock et chanson française. Sa voix habitée transmet émotions et récits intimes, explorant identité, mémoire et lien humain, pour offrir un univers à la fois personnel, poétique et profondément universel.

Abdullah Miniawy, écrivain, chanteur et compositeur égyptien, explore avec deux trombonistes, Robinson Khoury & Jules Boittin, un univers musical intense et poétique. Voix, souffle et improvisation dialoguent entre jazz et traditions du Moyen-Orient pour une musique qui traverse les cœurs et rassemble les gens au-delà des idéologies.

DJ Duchamp Duchamp mixera de 19h à 23h sur la terrasse du Centre Pompidou-Metz !
Spécialiste des musiques des territoires ultramarins au-delà des océans et horizons connus, DJ Duchamp Duchamp colore les airs de rythmes anciens et nouveaux nous venant des pays bordant la Méditerranée, cette mer au milieu des terres, célébrée à l’occasion de Passage Transfestival.



Nenna

Une poignée de semoule pour remonter le fil d’une histoire intime entre France et Algérie. Seule en scène et les mains dans la pâte, Morgane Audoin vous entraîne dans une quête culinaire riche de saveurs et de souvenirs !

Avec NENNA (« mamie » en arabe algérien), Morgane Audoin part sur les traces d’un héritage familial à travers une quête simple et universelle : retrouver la recette idéale des msemens, ces galettes préparées par sa grand-mère dans son enfance. De souvenirs en indices — grains de semoule, noms, dates — se dessine un récit entre France et Algérie, marqué par des fragments d’histoires de guerre, d’indépendance et d’immigration. Au fil de la déambulation, NENNA tisse le passé et le présent, la transmission et le partage, et célèbre le moment où la mémoire se mêle au geste, une poignée de semoule dans la main.


Dans le cadre du projet GRACE, cofinancé par l’UE via le programme Interreg Grande Région 2021/2027.


RAW

Avec RAW, Leïla Bakouche photographie la jeunesse méditerranéenne face aux murs de leurs villes : une série documentaire sur les rêves entravés et les identités en mouvement.

Série artistique et documentaire, RAW explore la tension entre texture urbaine et texture humaine. Les murs — fissurés, barricadés, chargés d’histoire — deviennent les témoins d’une jeunesse traversée par les frustrations, les tabous et l’incertitude de l’avenir. Chaque portrait met en scène un personnage, divers par ses croyances et sa culture, confronté à une architecture qui contient autant qu’elle révèle. Engagée, la démarche de Leïla Bakouche interroge la défaillance d’un mécanisme social et donne voix aux espoirs fragiles d’une génération cherchant à se frayer un passage entre impasse et émancipation.



Atelier Théâtre d'ombres

Une découverte de l’univers du théâtre d’ombre par la marionnettiste, metteure en scène et constructrice Sayeh Sirvani. Elle vous dévoile les secrets de sa pièce Zål et vous invite à rencontrer ses marionnettes. Initiez-vous à leur manipulation en jouant avec les lumières et les ombres. Bienvenu.es sous la tente du spectacle pour explorer ensemble cet art visuel et poétique.