Histoire(s) décoloniale(s) #DALILA
Comment aborder l’histoire coloniale et son héritage ? Betty Tchomanga, par le prisme du corps et d’une histoire singulière, nous livre avec #Dalila un récit puissant interprété par la chanteuse et comédienne franco-algérienne Dalila Khatir.
Avec cette série chorégraphique, dont le solo #Mulunesh a été présenté au festival l’an dernier, Betty Tchomanga poursuit un travail autour des récits et des histoires qui relient l’Occident et l’Afrique. De l’enfant à la grand-mère, de la chanteuse de raï Cheikha Rimitti à la Vénus hottentote jusqu’aux femmes révolutionnaires iraniennes, ce solo convoque par le corps et la voix des figures de femmes « hors cadre ». Le corps et le visage se voilent et se dévoilent laissant ainsi surgir un défilé de masques. Dans une sorte de théâtre de marionnettes constitué seulement d’une table, d’une chaise, d’une lampe et d’un vidéo-projecteur Histoire(s) Décoloniale(s)#Dalila oscille entre l’interrogatoire, la confession intime et le récit de vie.
Faire parler les archives des non-alignés
La cinéaste et artiste serbe Mila Turajlić s’empare d’archives filmées inédites pour retracer l’émergence des pays non-alignés, en voie de développement, généralement issus de la décolonisation et interroger leurs imaginaires politiques.
Mila Turajlić a passé des années à fouiller les archives filmées des actualités yougoslaves, travaillant en collaboration avec le caméraman du président yougoslave Tito, Stevan Labudović, qui a filmé ses déplacements en Afrique et en Asie à l’époque bouleversante de la naissance du mouvement des non-alignés. Longtemps oubliées, ces images ressurgissent aujourd’hui grâce à la réalisatrice qui plonge le public au cœur d’une bataille épique d’images dans laquelle le cinéma a donné la parole à un monde en décolonisation. Au plateau, Mila Turajlić réalise un VJing, un montage in situ mêlant ces archives à des récits oraux, des sons et des documents personnels. Cette « fouille » en direct relève le défi de donner une voix à ces projets politiques et invite le public à explorer la poétique du fragmentaire.
Voix du Liban !
Un véritable coup de coeur de notre libraire complice Anne-Marie Carlier pour cette autrice et chercheuse en anthropologie ! Invitation faite à Imane Humaydane autour de son dernier livre Chansons pour les ténèbres (paru en français en 2025 aux Editions Verticales). Partez à la découverte de cette saga libanaise qui vous immerge dans les méandres de l’Histoire à travers les destins entrelacés de quatre femmes d’une même famille. Elles sont confrontées, sur un siècle, à un impossible féminin voué à l’aliénation patriarcale et celle d’une impossible entente à l’échelle d’un pays au bord de la guerre civile.
La neige est blanche
Avec ce seule-en-scène, Marine Mane nous entraîne au cœur de la montagne, dans une traversée intime entre effort, identité et désir d’altitude.
Une adolescente gravit la montagne, seule, toujours plus haut. À mesure que l’ascension progresse, elle déroule le fil de son histoire : jeune sportive de haut niveau, elle raconte l’exigence du corps, la discipline, la vitesse, l’ivresse de la neige et la joie brute de l’adrénaline. Mais la pente révèle aussi d’autres versants : la difficulté d’appartenir, le sentiment de différence lorsqu’on est une jeune ado racisée dans le monde du sport, les silences, les obstacles, les regards. Dans cette fugue verticale, la montagne devient refuge, défi, miroir. Elle l’appelle, l’absorbe, l’éprouve. En se confrontant au massif, la jeune fille découvre ce qui l’habite depuis toujours : des origines tues, une mémoire enfouie, une force ancienne. Et si cette fuite vers les sommets n’était pas une échappée, mais un héritage ?

Dans le cadre du projet GRACE, cofinancé par l’UE via le programme Interreg Grande Région 2021/2027.
Oüm
Le chorégraphe Fouad Boussouf réunit sur scène six danseurs et deux musiciens pour créer une transe où danse orientale et contemporaine, poésie et musique se rencontrent avec énergie et sensualité.
Oüm rend un hommage sensible et fiévreux à l’icône de la chanson égyptienne, Oum Kalthoum, diva visionnaire capable d’improviser des heures et de s’affranchir des normes, et à Omar Khayyam, poète et savant persan du XIe siècle qui célébrait l’ivresse, la transe et l’amour. La puissance vocale de la chanteuse et les recherches du mathématicien sur le poids, l’équilibre et le temps deviennent des sources vives pour la danse Portée par la musique live, la pièce rassemble des corps vibrants qui abolissent les frontières stylistiques et s’ouvrent à l’improvisation et à l’enivrement tout en explorant la singularité de chaque interprète. Création musicale et poétique, Oüm donne vie à cette transe intemporelle où chant, poésie, danse et musique s’unissent pour célébrer le temps présent.
Cotton Queen
Passages Transfestival donne carte blanche au Festival du Film Arabe de Fameck le temps d’une soirée spéciale placée sous le signe du cinéma et de la création !
À cette occasion, le Festival du Film Arabe de Fameck vous propose de découvrir en avantpremière « Cotton Queen », le premier film de la réalisatrice russo-soudanaise Suzannah Mirghani coproduit par l’Allemagne, la France, la Palestine et l’Égypte. Dans un village cotonnier du Soudan, l’adolescente Nafisa grandit en écoutant les récits héroïques de la lutte contre les colonisateurs britanniques racontés par sa grand-mère. Mais l’arrivée d’un homme d’affaires étranger ravive les douleurs du passé et promet de bouleverser l’avenir de Nafisa et de son village. Dans son effort pour préserver sa terre et dessiner son avenir, Nafisa s’embarque dans un parcours d’émancipation et de transformation. Entre moments de douceur et menaces d’un monde extérieur prêt à exploiter les richesses de la région, Cotton Queen compose un délicat portrait de femmes et de résistance.
Une soirée animée par Mahjouba Galfout, programmatrice du Festival du Film Arabe de Fameck – Val de Fensch qui vous présentera l’activité de ce festival incontournable de l’automne mettant à l’honneur les cinémas des mondes arabes. Et elle vous révéleral’affiche officielle de leur prochaine édition !
L'Ombre du Tigre
Découvrez un tigre étonnant, libre et insaisissable, symbole de courage et d’imagination. Entre aventures et surprises, L’Ombre du Tigre vous fera rire, réfléchir et rêver.
Après L’Affût présenté l’an dernier au Transfestival, l’artiste marionnettiste Eli Neva Jaramillo revient à Metz avec sa nouvelle création ! Née en Colombie et aujourd’hui basée en France, Eli mêle théâtre, sculpture, mouvement et objets animés pour créer des univers sensibles et puissants, où la poésie rencontre la pensée critique. Dans L’Ombre du Tigre, elle nous invite à vivre une expérience unique : faire surgir du plateau un tigre insaisissable, métaphore du désir de liberté qui habite chacun de nous. Inspirée d’une rencontre réelle avec un tigre et d’un fait divers inattendu à Paris, cette pièce interroge notre rapport à l’autre, à soi et aux cages visibles ou invisibles qui nous entourent. Avec sensibilité, humour et ingéniosité, Eli brouille les frontières entre organique et mécanique, laissant la porte ouverte à votre imagination.
The Way Back
Porté par quatre artistes venu.es d’Alexandrie, The Way Back mêle danse, musique et performance pour sonder nos liens à la Terre et à la mémoire, intime et collective.
The Way Back est une performance multidisciplinaire, immersive et interactive, mêlant musique live, danse contemporaine et art performatif. À travers cette expérience en direct, le spectacle explore les thèmes de l’origine, de l’appartenance et de la migration, en invitant le public à se connecter aux émotions profondes qui traversent notre condition humaine. S’appuyant sur une recherche autour du lien entre les corps humains et la Terre, The Way Back met en lumière les forces invisibles qui façonnent nos identités. Un voyage sensible et sensoriel, où l’art devient un terrain de reconnexion.
Yalil
Yalil c’est une énergie collective incroyable qui va faire résonner la musique syrienne et moyen-orientale sur l’Esplanade de Metz. Célébrons ensemble les 15 ans de Passages à Metz et les 5 ans du Transfestival !
À l’occasion de son anniversaire, Passages Transfestival ne pouvait rêver plus belle invitation que celle du groupe Yalil, dont l’énergie et l’ouverture au monde font écho à celles du festival. Créé à Metz en 2019 par une quinzaine de mélomanes syriens, cet ensemble instrumental et choral réunit aujourd’hui des passionnés venus d’horizons multiples.
Entre chants, percussions et cordes, Yalil revisite le patrimoine lyrique et folklorique du Moyen-Orient dans une musique vivante, portée par des textes chargés de mémoire et de transmission. Yalil tisse un lien entre les cultures, célèbre la résistance par l’art et affirme que, face à la violence, la musique demeure. Un message universel de paix et de fraternité.
Kanashimi
Entre vertige et douceur, Kanashimi transforme la tristesse en élan vital. Un duo danse et violon qui touche le cœur… et donne furieusement envie de vivre.
Dans Kanashimi, Akiko Hasegawa et la violoniste Aline Zeller explorent la tristesse comme un passage, jamais comme une fin. Porté par la vibration continue du violon et la puissance sensible du corps dansé, le spectacle traverse les creux de nos grands-huit émotionnels pour mieux célébrer l’élan de la vie. Ici, la mélancolie devient lumière, souvenir, lien aux autres — comme ces moments où l’on pleure ensemble mais où l’on se sent vivant. Inspirée d’expériences intimes, de cultures croisées et d’une quête poétique du mouvement, la pièce fait résonner en chacun un sentiment universel : la joie de se relever après une chute, le cœur battant, de reprendre son souffle et d’avancer. Un voyage musical et dansant, à vivre intensément.









